Le travail à l'atelier

Les altérations et traitements proposés

 

Le travail de l'atelier

La restauration

Le nettoyage :
Il désigne l’enlèvement de la crasse recouvrant le tableau et des repeints anciens, l’allègement du vernis.
La finalité du nettoyage est purement esthétique, en effet un vernis encrassé ne met pas en péril un tableau, en revanche, il permet une meilleure lisibilité de l’œuvre.Selon ses composants, résines, colles, gommes, blanc d’œuf, huiles siccatives…, nous pouvons utiliser différents solvants : quelques hydrocarbures, alcools, esters…
Il est impératif de commencer par le solvant le moins agressif pour le tableau !
 
Le masticage :
Constitué d’une charge et d’un liant, le mastic doit être strictement limité au contour de la lacune et parfaitement réversible donc réalisé avec des matériaux plus fragiles que l’original.
Il existe le mastic à la colle de peau et blanc d’Espagne, facile à polir et sculpter, mais il est cassant. A cause des fines fissures, nous utilisons plus fréquement le modostuc, plus souple et plus résistant aux variations hygrométriques.L’état de surface du mastic est essentiel à l’obtension d’une retouche satisfaisante.
Il se déroule en deux temps : le masticage de mise à niveau et la structuration du mastic de façon à ce qu’il n’y ait aucune différence entre le relief de la couche picturale et celui des mastics.
 
La réintégration colorée :
Il exite plusieurs styles de retouche :
La retouche illusionniste : telle que son nom l’indique, pour faire illusion, cette retouche recherche l’identité chromatique par rapport à l’original.
La retouche visible : née au lendemain de la dernière guerre mondiale de la nécessité de reconstruire les œuvres détruites, mais aussi de la volonté de montrer avec honnêteté l’étendue du désastre, la première retouche visible fut le trattegio.
C’est un réseau de traits verticaux parallèles de couleurs juxtaposées sur un mastic blanc.
Méthode basée sur le principe de décomposition des tons et recomposition dans l’œil grâce à la persistance des images lumineuses sur la rétine ; de près, l’étendue de la retouche est visible, de loin, elle est parfaitement intégrée.Le pointillisme, ensemble de points de couleur, s’apparente soit à la retouche visible, soit à l’illusionnisme, selon la taille et l’espacement des points.  
Le choix des matériaux a beaucoup évolué avec le temps, La recherche de  la stabilité est une règle moderne. Aux liants huileux irréversibles et qui jaunissent, nous préfèrerons une peinture pigment-vernis, reversible.
 
Le vernissage :
Le passage du vernis est l’ultime étape.
Une fois la réintégration terminée, il est nécessaire de vernir le tableau pour le protéger des agressions extérieures, et pour équilibrer les éventuelles brillances ou matités dues à la retouche pigments-vernis.

La conservation

Le support bois :
Dans le passé, nous avons utilisé des méthodes radicales telles que l’introduction de flippots (procédé qui a souvent provoqué des soulèvements de la couche picturale) ou la transposition (intervention irréversible considérée de nos jours comme une mutilation de l’œuvre).
Aujourd’hui, nous considérons qu’un support bois doit être suffisament libre pour jouer en fonction des écarts du climat. 
Nous tendons vers un allègement du parquetage (mis au point par L. Hacquin en 1770 et qui a fait ses preuves), jusqu’à une diminution des surfaces de collage et de frottement par un maintien périmétrique.
 
Le support toile :
Les petites déchirures se réparent soit par un raccordement des fils s’il n’y a pas de lacune de toile, soit, le plus souvent, par la pose d’une pièce au revers collée à la cire-résine.Dans des cas plus extrêmes, lorsque nous sommes confrontés à des déchirures ou des zones lacunaires plus importantes, ou à un affaiblissement de textile, nous pouvons procéder au rentoilage, qui consiste à coller une toile neuve au dos de la toile originale.
Nous utiliserons, suivant les cas, des résines synthétiques telles que le BEVA 371 avec mise sous vide ou le Plextol, qui proposent un bon collage ainsi que bonne réversibilité.
 
La couche picturale :
Le soulèvement de la matière picturale peut être localisé ou généralisé.
Il peut être à peine perceptible, ou entraîner la chute de l’écaille.
Le refixage consiste à apporter un adhésif à la peinture pour rétablir l’adhérence originale.
Suivant son ampleur, nous agissons différement ; de façon locale par la face à l’aide de cire-résine ou de BEVA 371 dilué ou de façon généralisé par le revers avec des résines synthétiques, BEVA 371, Plexisol .